jeudi 3 novembre 2016

Vauban… Un humaniste, voir quelque peu "socialisant" !

En Charente-Maritime, on connaît ses constructions militaires qui avaient pour ambition de transformer le pays tout entier en citadelle imprenable ! Il laissa quelques belles fortifications dans notre département, mais aussi un peu partout en France et même outre-frontières. Le Marquis de Vauban (1633 – 1707), né Sébastien Le Prestre, vit le jour à Saint-Léger-de-Foucherets (aujourd’hui Saint-Léger-Vauban), non loin de Vézelay, département de l’Yonne en Bourgogne. 

Les touristes, nombreux, qui viennent l’été sur notre littoral, connaissent bien nos quatre îles : Oléron, Ré, Aix et leur petite sœur, l’Ile Madame. Partout, Vauban y construisit forts, remparts et citadelles.  Il n’est pas un guide touristique qui ne mentionne les édifices charentais de Vauban, sans oublier la citadelle de Blaye, à quelques kilomètres au sud de la « frontière » girondine, qui compte parmi les plus belles réussites défensives. Citons en outre Fort Boyard, entre Aix et Oléron, qui ne servit jamais car terminé trop tard, après le départ de l’ennemi britannique. La ville fortifiée de Brouage, les forts de la côte comme Fouras à l’extrémité  de l’embouchure de la Charente, le Chapus près de Bourcefranc, fort Lupin sur la rive sud du fleuve…

On voit donc que Vauban fut un grand nom du génie militaire, urbaniste, mais aussi essayiste, ce qui est plus surprenant. La fin de sa vie, en effet, sera marquée par la publication d’un essai jugé, à l’époque, un peu trop "socialisant", qui lui collerait définitivement de nos jours, l’étiquette d’ "homme de gauche". Et pourtant, il fut admirateur et bras droit de Louis XIV ! Mais il était lucide, honnête, franc et… il se déplaçait beaucoup dans notre royaume, aussi observait-il la misère des gens. C’est pourquoi, il avait décidé d’alerter le Roi Soleil, au déclin de son règne, pour tenter de résoudre l’immense et éternel problème des injustices sociales. Il écrivait à Louvois : « … Je préfère la vérité à une lâche complaisance qui ne serait bonne qu’à vous tromper, si vous en étiez capable… » Honnête et courtois à la fois ! Le marquis-ingénieur avait donc un côté pratique qu’il puisait sur le terrain et une intelligence vive qu’il mettait au service des hommes. Outre ses soldats qu’il cherchait toujours à protéger, il s’intéressait aux plus humbles, au petit peuple accablé d’impôts et qui ne mangeait jamais à sa faim. L’époque n’avait pas encore inventé les « Restos du Cœur » ! Les pauvres étaient pauvres, qu’ils se débrouillent ou qu’ils crèvent ! La conclusion de ce rapport était donc claire, tout paysan élevant des cochons pouvait amplement se nourrir et nourrir sa famille ! Dès lors, plus de famines et moins de révoltes populaires ! Donc, plus de sérénité pour le souverain… Celui-ci l’entendit d’une oreille qui commençait à se faire un peu dure. Le traité fut pourtant publié mais Louis XIV s’éteignit avant de voir réalisé le projet de Vauban… Doter chaque famille paysanne d’un couple porcin ! 

La fin de sa vie est également marquée par l'affaire de La Dîme royale : dans cet essai, distribué sous le manteau malgré l'interdiction qui le frappe, Vauban propose un audacieux programme de réforme fiscale pour tenter de résoudre les injustices sociales et les difficultés économiques des « années de misère » (1692-93-94 sont des années de disette alimentaire épouvantables, qui font 3 millions de morts, soit un dixième de la population).

Les écrits de Vauban : La dîme royale ; Mémoire pour le rappel des Huguenots ; Projet d’une dixme royale qui, supprimant la taille, les Aydes, les douanes ; Oisivetés de M de Vauban ; Ainsi que divers écrits sur la religion et sur l’économie.

"Vauban apparaît comme un réformateur hardi dont les idées se situaient à contre-courant de ce que la majorité de ses contemporains pensait…  Mais c'était aussi un humaniste, qui se passionna pour la justice sociale !"

Éric.L
Source d’inspiration : World Wide Web…


Posté par le p'tit Rapporteur du Magarin

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